Vendredi dernier, je déjeunais avec Didier Lambert, qui a soulevé pendant le repas un problème linguistique intéressant : c’est une erreur de traduire “Virtual World” brutalement par “monde virtuel”. Didier propose plutôt d’utiliser l’expression “monde potentiel”.

A y regarder de près, la proposition est intéressante. L’appellation monde virtuel met l’emphase sur le côté virtuel tant décrié par beaucoup, qu’il met alors en opposition avec le réel, obérant toute possibilité de coopération des deux.

J’entends aujourd’hui avec amusement les commentaires fuser sur les mondes virtuels : “on s’y perd”, “c’est ludique”, “c’est dangereux”, “c’est inutile”, bref mot pour mot tout ce qu’on disait du Web en 1996 - 1999 (au détail près que, concernant second life, personne n’ose dire que le minitel l’avait déjà inventé. Tout juste quelques rares se souviennent du deuxième monde). La perle étant l’intervention d’une personne du public, lors d’une présentation sur les possibilité de travail collaboratif qu’offrent les plateformes virtuelles, “finalement, ce n’est qu’une audio-conférence illustrée par des avatars” (sic).

C’est donc bien en tant qu’outil de simulation que ces plateformes sont intéressantes. La simulation qui est, aujourd’hui, l’un des outils nécessaires pour aborder la complexité du monde. Sans simulation, nous n’avons pas le temps, ni la possibilité, de parcourir tous les chemins du graphe, même lorsque le graphe est simple.

Il s’agit bien de comparer les possibilités technologiques des plateformes, en tant qu’outils au service des entreprises. L’existence des mondes plutôt orientés “social” (there.com Hipihi Entropia SL etc..) est une opportunité pour certaines applications. Qui oserait aujourd’hui se plaindre de l’existance d’un lieu où il est possible de rencontrer des partenaires, des citoyens, des clients potentiels? lesquels sont, il faut se l’avouer, effectivement plus intéressants que les clients virtuels.