Internet, loin de n’être qu’un simple outil, est la technologie qui accompagne une révolution sociétale. Ceci se voit dans beaucoup d’activités du quotidien; ce n’est pas le propos de ce message, d’ailleurs je suis en train d’écrire la suite de mon premier livre.

Ce constat, je l’enseigne de manière régulière dans deux écoles, l’Hetic, et l’ESCP-EAP, où j’interviens dans un master qui se nommait e-business, et qui a fusionné avec le master des systèmes d’information. Et puis, j’interviens de temps en temps, dans des écoles orientées marketing, ou commerce.

Je fais à chaque fois le même constat navrant : mes étudiants sont, à part quelques rares visionnaires, d’une virginité époustouflante à propos d’Internet. Car il n’y a, en France, aucun enseignement sur les bouleversements induits par Internet, sauf dans de très rares écoles, souvent jeunes comme Hetic.

Je rencontre dans ces écoles bien installées des étudiants qui, au mieux, ne savent pas les fondamentaux, utilisent tout juste facebook, mais ne connaissent ni twitter ni la grande majorité des outils Web2.0, n’écrivent que très rarement dans Wikipedia (un sur cinquante…), et ne voient absolument pas ce qui se passe sur les forums de discussion, n’y étant eux-même que rarement. Au pire, j’ai vu des étudiants qui se moquaient de tout ça, critiquant ces outils modernes, perpétuant un schéma ancien sans se poser de questions. Et mes discussions avec des collègues montrent que les grandes écoles même scientifiques, qui forment l’élite de la nation, ne sont guère mieux loties.

Ils consomment de l’internet comme de la télévision…

Pourtant, quand je commence à les promener sur mes sites déviants, fait d’extraordinaires signaux faibles, je vois bien au visage interloqué de certains qu’ils commencent à se poser les bonnes questions.

En clair: l’enseignement supérieur, qu’on pourrait penser conçu pour préparer les étudiants au monde de demain, est en train de développer un gigantesque rétroviseur. Les techniques enseignées sont des techniques anciennes, basées sur des modèles verticaux et pyramidaux, et qui ne tiennent absolument pas compte des ruptures Internet.

C’est grave, c’est très grave. Ces étudiants peuvent devenir de grands managers, des homme politiques; ils auront à réfléchir, prendre des décisions. Et ils ne comprennent pas le nouveaux monde qui a déjà commencé à révolutionner notre quotidien, la transformation d’un modèle vertical en un modèle horizontal.

C’est lorsque les loisn les réglements, deviennent contraire aux usages et au nouveau monde qu’éclatent les révolutions. Si seulement l’enseignement supérieur était capable de se remettre en cause…