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La force des relations en peer to peer, et comment en générer de la valeur

Parmi les trois innovations qu’Internet accompagne, et amplifie, la capacité pour une entreprise, une collectivité, un gouvernement, de discuter efficacement avec la communauté est d’une puissance extraordinaire. Mais encore faut-il savoir l’exploiter. Soyons clairs : ce n’est pas facile de communiquer avec une communauté, surtout si l’on pense encore relations verticales. On voit trop souvent des sites web qui ne sont pas mieux que la télévision, ou plutôt, une combinaison amusante et peu efficace entre le questionnaire individuel et le dépouillement, un modèle consommateur de ressources.

Ce modèle n’est pas efficace, parce qu’il ne favorise pas ce qui fait la force d’une communauté: les relations horizontales, autrement dit, le peer to peer. Comme le dit si bien Moore dans son livre « crossing the chasm », il vaut mieux trois clients qui se parlent que dix clients qui ne se parlent pas. Donc, faire du codesign avec ses clients, ses citoyens, ce n’est pas leur poser des questions, récolter leur réponse, et les analyser. C’est avant tout les faire parler entre eux. Pourquoi diantre les faire parler entre eux, me répond le spécialiste des instituts de sondage?

  • Premier avantage, l’expression libre est bien plus riche que des questions qui sont, par construction, orientées.
  • Deuxième avantage, il y a beaucoup plus de contributions; quand on voit les organismes de sondage prétendre connaître la vérité avec 1000 français, alors que chaque mois il y a trois millions de messages nouveaux dans doctissimo, il est possible de s’interroger.
  • Troisième avantage, les tendances lourdes y sont plus simples à détecter, elles deviennent évidentes.
  • Quatrième avantage, les signaux faibles ont plus de chance à émerger, grâce à l’effet « longue traine ».
  • Cinquième avantage, oublier l’effet « concours Lépine« , c’est à dire des dixaines de milliers de propositions à analyser, sans grande utilité pratique de nos jours; la communauté reste finalement la meilleure manière d’analyser la multiplicité des réponses.

La richesse est donc générée par la capacité d’échanges. Quel est alors le meilleur outil pour capter cet échange? Le forum est fantastique, mais il lui manque un outil statistique. C’est pourquoi une génération de plateformes a vu le jour, combinant les principes du forum de discussion avec le principe du vote. Citons par exemple uservoice, feedback 2.0ideascale, userecho, etc…

En terme d’usage de ces plateformes, je voudrais au passage en oublier une par sa nullité affligeante : débats SNCF (18412 inscrits, la faiblesse de ce chiffre est compréhensible, quand on sait que le site voyages-sncf s’est fait incendier parce qu’il ne donne pas les bons horaires des trains, et que la seule réponse officielle de ce lieu de débat fut « vous n’avez rien compris, nous servons deux millions de visiteurs par jour »…). En revanche, je voudrais en citer deux exemplaires : Dell ideastorm, et openinternet.gov, du gouvernement Américain.

Dell ideastorm est le lieu où Dell privilégie ses relations avec la communauté. Lancée il y a deux ans environ, les chiffres de cette plateforme sont éloquents : le 1er mars 2010, la communauté a généré 13636 idées, voté 714975 fois, posté 88934 commentaires. Mais surtout, Dell a intégré 409 de ces idées dans ses produits. Voici une entreprise qui non seulement fait émerger des idées de la communauté, mais qui sait les utiliser.

Mais surtout, et c’est la raison de ma question à madame le secrétaire d’état en charge de la prospective et du numérique, qui vient d’installer un groupe d’expert en charge de la neutralité du net : bien sûr tout le monde connait l’initiative du gouvernement Américain analogue. Mais surtout, il faut dire que le gouvernement Américain utilise cette excellente méthode, qui consiste à faire émerger des idées de la communauté en la faisant discuter entre elle. Le lien est ici : http://openinternet.ideascale.com/.

Alors voilà, il est prévu de lancer, début mars, une consultation publique sur Internet. Nous sommes début mars, je ne sais pas encore où est cette consultation publique. Mais j’aimerais tellement que mon pays devienne efficace, et que cette consultation soit plus proche du modèle américain que du modèle SNCF….

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l’iPad…

Malgré ma réticence à parler d’actualité trop brulante, je ne peux résister au plaisir d’apporter ma modeste contribution au phénomène récent qui est l’annonce de l’iPad.

Je ne ferai aucun lien ni vers les photos amusantes, ni vers les diverses vidéos créées, retouchées, détournées, qui parsèment la toile d’un éclat de rire sympathique et convivial autour de cet objet.

Je m’intéresse néanmoins à l’avis négatif de Glazman, qui rejoint celui de JMP, tous deux des personnes que je respecte. Et lorsque j’analyse leur commentaire, je me retrouve dans ma première impression : « ce truc là n’est pas pour moi ». Ben oui, c’est pas du OSX, c’est un gros iPhone. Ya pas de clavier donc je ne pourrais pas écrire mes textes dans le TGV. Ya pas la suite office ou équivalent openoffice. C’est pas du iPhone puisqu’il n’appelle pas, et c’est pas un ordinateur puisqu’il ne flash pas. En bref, la toile bruisse de ce que l’iPad n’est pas.

Donc l’iPad n’est pas fait pour moi, qui me balade dans tous les coins de la planète en espérant avoir un écran géant mais que je peux ranger dans ma poche gauche avec mon mouchoir par dessus. Car j’aime désirer la contradiction. Déjà, en 1978, je m’amusais à l’IGN de ces clients qui venaient pour demander une carte de toute l’Amérique latine, et qui, lorsqu’ils l’avaient, s’étonnaient de ne pas voir les détails du sentier de l’Inca qui menait au Machu Picchu. Hélas oui, on ne peux pas avoir une carte qui soit à la fois au 5.000.000 et au 25.000, il faut choisir dans la vie.

Enfin, on ne pouvait pas, jusqu’à ce qu’arrive Google Earth… Et là, on a une carte qui est à la fois à grande échelle, et à petite échelle. Seulement, Google earth ne peut être regardé que sur un ordinateur…

Et moi, j’aime bien rêver de géographie. Google earth, plus panoramio (j’ai trois photos de moi sur panoramio, deux à Rosette, et une en Birmanie…) est un outil de rêve puissant. Tout comme le net, en général. Et quel est le meilleur endroit pour rêver ? demi couché dans son canapé, ou bien assis dans sa cuisine pendant notre petit-déjeuner, ou bien dans notre lit allongé sur le dos, ou bien debout avec un livre sur un lutrin, ou bien à table avec des amis, la famille, partageant la richesse du contenu fourni au travers de l’Internet. Tout ce qu’on fait déjà, c’est vrai, mais avec un ordinateur plié en deux, mal commode d’usage, à la batterie faiblissante, au poids trop lourd, à la manipulation difficile. Car, oui, ce n’est pas l’ordinateur qui vient vers nous, c’est nous qui allons qui allons vers l’ordinateur…

Autrement dit, on rêve partout où l’on ouvre un livre. Alors rappelez-vous l’extraordinaire livre de Georges Perec, « penser / classer », qui décrit, entre autres, tous les endroits de la maison où se trouvent des livres. Partout répond Perec, y compris dans les WC. Le seul endroit qui est pauvre en livre est la cuisine, où ne se trouvent « que des livres, justement, de cuisine ». Extraordinaire Georges Perec.

Voilà donc l’équation : je veux la richesse de l’Internet et du multimedia, avec la facilité de manipulation du livre. Alors oui, j’ose l’affirmer, l’iPad fera un malheur. Nous en aurons tous au moins un chez nous, qui trainera dans le salon pour rêver aux prochaines vacances, dans la cuisine le soir avant le dîner pour regarder les recettes, le matin pour lire le journal au petit-déjeuner, dans notre chambre pour regarder un dernier clip vidéo (et ça fera plaisir à Billaut :-) ),  dans la salle à manger pour partager avec les amis, et oui, très probablement aussi, dans les WC… Que celui qui n’a jamais vu un copain sortir des WC avec une bande dessinée m’injurie, mais je parie que l’on se verra sortir de ce cabinet avec l’iPad sous le bras.

L’iPad n’est pas un instrument de mobilité. C’est un livre ouvert, multimédia, connecté et donc au contenu illimité, qui trainera en plusieurs exemplaires partout dans la maison. On ne l’emportera pas avec nous, mais il deviendra le compagnon familier et familial, riche et convivial.

Il fera un malheur !!!

un petit florilège juridique…

Au hasard de mes surfs, j’ai découvert le premier salon 3D interactif consacré au tourisme. Je me disais chic, voilà un projet innovant, qui a compris l’intérêt des mondes virtuels, et je m’apprêtais à analyser le contenu de leur offre.

Et puis, mince, pas de chance, j’ouvre sur leur site les mentions légales, et là je tombe sur une logorrhée de protections, sur-protections, menaces, etc.. dont je vous livre les meilleurs extraits.

Tout d’abord : « la mise en place d’un lien vers le site www.3d-live-meeting.com nécessite une autorisation préalable et écrite de la société 1001 Services« . Dommage, donc je ne ferai pas de lien.

A cela vous rajoutez (toujours dans la même page) « Il est formellement interdit de recopier ou reproduire le contenu du site internet. Les violateurs feront l’objet de poursuites judiciaires« . Aïe, déjà qu’on a Hadopi…

Et puis, aussi, cette autre phrase : « Nous ne sommes en aucun cas obligés de répondre à toutes les correspondances reçues, (…) ni de financer vos commentaires ou sollicitations« . Je suis déjà tellement refroidi que je n’ai même pas envie de faire un commentaire !!!

Surtout que, un peu plus loin, on lit ; « En dépit du bon accueil que nous réservons à vos commentaires et rétroactions concernant ce site (…) veuillez noter que tous les commentaires, rétroactions, idées, suggestions, et autres doléances de ce type (…) deviendront et resteront la propriété de 1001 services« .  J’en déduit deux choses : un ces gens assimilent une idée à une doléance, et deux ils gardent tout leur contenu, mais ils prennent les idées des autres (Khrouchtchev déjà disait : « ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable »). Ceci en dit long sur leur approche de la coopération.

Donc je ne ferai pas de liens hypertextuels,  je ne reproduirai pas leur contenu, je ne demanderai pas d’argent pour des doléances que de toutes façons je ne ferai pas.

Néanmoins, je serais curieux de savoir comment peut-on marier le meilleur du web avec de telles menaces, et une telle attitude protectrice, quand on sait l’impact de twitter et autres outils de marketing viral sur les ventes ???

Il n’y a pas d’innovation sans risque, et pas de risque sans confiance…

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L’entreprise 2.0, ou la complétude du modèle Lippi

Tout ceux qui suivent le blog de l’ami génial Billaut connaissent sa passion pour le modèle Lippi, et les excellentes vidéo qu’il a réalisées, ici et . On ne peut que le remercier d’avoir déniché cette pépite.

Ceci dit, il y a eu beaucoup d’entreprises qui prétendent se mettre en mode 2.0. Il suffit de regarder le blog d’un consultant français « célèbre » pour s’apercevoir que l’approche généralement utilisée pour justifier la mise en mode 2.0 est l’adoption d’outils de travail collaboratif. C’est de toute évidence absurde, croire en 2009 qu’il suffit d’introduire un nouvel outil dans une entreprise pour qu’elle soit moderne et deux point zéro est du dogmatisme. Barenton déjà disait en 1938 « le chef comptable s’imagine qu’il dirige l’entreprise, comme si les phares conduisaient la voiture parce qu’ils éclairent la route ». BlueKiwi est un exemple intéressant d’outil qui semble bien se vendre, pour une raison simple: il a l’apparence d’un réseau social, mais il n’en est pas un, puisque qu’il laisse au management des outils de contrôles très stricts sur qui fait quoi, et que, in fine, il ne touche pas aux hiérarchies en place. C’est ce qui fait son succès, et d’ailleurs, les clients de bluekiwi sont très typés.

Ce qui est intéressant chez Lippi, c’est que la révolution s’est effectuée sur trois axes.

Bien sûr, le premier axe auquel tout le monde songe est d’ordre technologique. L’introduction des outils du web, et, en premier, twitter, est un fait frappant chez Lippi. Encore une fois, sur le blog de Billaut, on trouve un extrait du twitter interne qui montre quelque chose de passionnant, comment un problème grave (un client qui a failli ne pas être livré) a été résolu en 20 minutes. Et la question vient naturellement : dans un style de management traditionnel, combien de temps faudrait-il pour résoudre le même problème ? Probablement une journée minimum, le temps que le problème passe de la production au commercial, retour à la production, contrôle du management. Pourquoi Lippi a-t-il résolu le problème en 20 minutes ? Ce n’est pas l’outil seul qui explique la différence.

C’est que, chez Lippi, et c’est le deuxième axe, il y a eu une réforme managériale, qui a consisté à justement mettre de côté le middle management (les scribes de l’Egypte antique, ou les mandarins, couche sociale que l’Université connait très bien), et à lui confier d’autres tâches, dont celle d’aider la base quand le problème est devenu trop compliqué. Le management au service de la base, voici une vraie révolution !!! Mais comment se fait le contrôle alors ? Comme le dit si bien Frédéric Lippi, « in fine, j’ai remplacé le contrôle du middle-management par la pression des pairs ». Et ça marche !!!

Et puis, le troisième axe, c’est la formation. C’est justement celui qui fait l’explosion de la science, de la philosophie, de la médecine grecque, c’est la loi de Charondas : « les enfants iront à l’école apprendre à lire, et ce sera la ville qui paiera les maîtres ». Donc Lippi a, avec l’aide de Francis Senceber, créé une web school interne, à destination de tout le personnel. Le but est non seulement d’apprendre Internet à toute l’entreprise, tout comme on apprend un alphabet, mais de créer un langage commun; et aussi d’éviter aussi deux problèmes humains, que sont le biais des opposants et des trop passionnés.

Lorsque j’avais co-fondé le Club Galilée, en 1996, nous avions développé l’idée que l’innovation était une histoire qui tenait sur trois pieds : structure, outils, comportements.

Les trois piliers de l'innovation

La composante « structure » concerne l’organisation interne de l’entreprise; on parle ici de modèle de management; c’est le champ de la sociologie des organisations.

La composante « outils » concerne la technologie; on parle ici d’outils; c’est le royaume des technologues.

La composante « comportement » concerne l’humain; on parle ici des craintes, des enthousiasmes; c’est le lieu des psychologues (des vrais).

Ce qui devient évident avec le modèle Lippi, c’est que les trois axes correspondent aux trois piliers de l’innovation : introduction d’outils du web (outils), réorganisation interne de l’entreprise (structure), et création d’une école interne (comportement).

Dès 1996, il était clair que si l’un des trois piliers manquait, l’innovation n’était que superficielle, parce que incomplète. Le modèle Lippi, en agissant sur les trois, est un exemple parfait de la complétude de l’innovation.

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Internet en temps réel

Gary Hayes, que j’avais eu le plaisir de rencontrer à Sydney, vient de réaliser un flash assez étonnant.

Il ne s’agit ni plus ni moins que de montrer l’Internet en temps réel. J’ai eu l’occasion de le présenter devant un grand groupe pas plus tard qu’avant-hier, je peux affirmer que c’est bien plus percutant qu’un pauvre point. Il y a trois parties : les médias sociaux, les mobiles, et les jeux en ligne. Et il est possible de choisir l’échelle de temps.

Le voici donc ! Merci Gary, you are great !

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Une révolution dans le livre électronique …

Il se passe des choses assez innovantes du côté des livres électroniques. Bien, sûr tout le monde a l’oeil rivé sur le kindle d’Amazon, disponible maintenant chez nous.

Mais Amazon n’est pas tout, voici que Barnes & Nobles, la chaîne traditionnelle brick and mortar de livres vient de sortir son propre live numérique, le nook !

Le nook
le Nook

Tout comme le kindle, le nook permet de télécharger du contenu, en 3G mais aussi en wifi. Il est en couleur. Néanmoins, plutôt que d’écrire un long post sur la différence avec le kindle, je vous conseille ce lien qui le fait très bien.

Quelques éléments intéressant néanmoins : il est basé sur Android; mais surtout il utilise le wifi, mais surtout le wifi disponible dans les boutiques Barnes & Nobles, qui permet au lecteur de télécharger encore plus de contenu !

Mais surtout, le Nook possède une caractéristique fascinante : la possibilité de louer le contenu à d’autres internautes (Lendme technology). Lisez bien le paragraphe suivant, tiré de la FAQ sur le site de Barnes & Nobles :

Can I lend eBooks from my nook?

XYes. With our new LendMe™ technology, you can now share from nook to nook. But it doesn’t stop there. Starting Nov. 30th, you can lend to and from any device with the Barnes & Noble eReader app, including PC, Mac OS®, BlackBerry®, iPhone™ and iPod® touch. All you need to know is your friend’s email address. You can lend many of your eBooks one time for a maximum of 14 days. When you use our LendMe™ technology, you will not be able to read your eBook while it is on loan, but you alwaysget it back.

Un appareil en peer to peer, vendu par un marchand de livre traditionnel que tout le monde disait mort… La révolution est en marche !!!

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Après la visite de Mark Kingdon à Paris

Comme Ange Zanetti (qui va intervenir à l’Hetic) a fait un bon CR de la réunion en français, moi j’ai fait mes commentaires ici mais en Anglais!

Très très intéressant.

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Comparaison Second Life – Vastpark

(Note : ceci est une traduction d’un article de mon blog en Anglais)

Suite à ma discussion très intéressante avec Greg More, du RMIT, je me suis penché un peu plus sur son affirmation que « Second Life est comme écrire de l’html, et Vastpark comme coder en php ».

Ceci me semble très pertinent dans le cadre des usages business, ou Intranet des mondes virtuels, dont le travail collaboratif est le plus important actuellement, avec l’apprentissage.

Les deux entreprises ont annoncé des outils pour le monde des entreprises. Linden Lab au travers de son portail, et Vastpark qui a lancé une beta de son outil 3C. Le portail de Linden Lab n’est, pour l’instant, qu’un outil marketing de promotion des usages innovants de sa plateforme, il n’y a pas d’annonce révolutionnaire en terme d’architecture.

L’architecture de Second Life est assez simple : une île est un processeur, les utilisateurs ont des outils pour créer du contenu, dont ils sont les propriétaires. L’authentification est effectuée via un serveur centralisé, en dehors du firewall de l’entreprise, un peu comme les OSS/BSS des opérateurs de télécommunication. Le client est open source, mais pas le serveur. En ce qui concerne les API, en dehors de SAP, mais qui semble se connecter via le client, et pas le serveur, les seules API ouvertes concernent la création de compte, la cartographie, la recherche, et quelques statistiques. Les objets créés sont stockés sur la plateforme, et la duplication est faite à la main.

Tout ceci me rappelle les premiers sites de e-commerce, où il fallait transférer manuellement les catalogues en créant le code hml à partir des données. Puis, vint php, mysql, les mashups, javascript, Ajax, etc… et, d’une seul coup, la vie est devenue à la fois plus simple, et plus riche.

Maintenant, Vastpark. C’est une plateforme open source, constituée de quatre produits, tous téléchargeable (le code source est disponible) : le client (reader), le créateur, le Publisher, et le serveur. Reader, creator, server sont faciles à comprendre. Mais qu’est-ce que le Publisher ?

L’architecture de Vastpark est totalement différente. C’est une architecture distribuée basée sur des composants qui peuvent résider n’importe où. Lorsqu’un objet est créé, cet objet est publié quelque part, et peut être utilisé par n’importe quel serveur, par n’importe quel développeur. Le monde virtuel créé est alors une agrégation d’objets répartis, dans une logique de mashups. Il n’y a donc plus besoin de dupliquer des éléments dans le monde virtuel, la duplication de l’accès suffit.

Un autre élément intéressant de vatspark est que tout objet peut être décrit selon un langage de type XML, IMML, conçu pour cet usage. Partant, les objets du monde peuvent être générés à la volée, tout comme php qui génère du code html à la demande. Ceci peut être réalisé de trois manières : en utilisant les markup IMML, en utilisant un langage de script (LUA est actuellement supporté),  et au travers de plugin qui sont écrit dans des langages .net (Iron Python, C#, VB, etc..). Tous peuvent être écrit comme des widgets que les développeurs peuvent facilement inclure dans leur monde virtuel.

Dans Vatspark, presque tout est plugin. Le contrôle vocal est un plugin, le contrôle des avatars est un plugin. En poussant la logique jusqu’au bout, Vastpark est un réseau qui interconnecte des plugin. L’interconnection avec un serveur existant est alors facilitée. Actuellement, des connecteurs vers twitter, Flickr, ebay, et skype, sont déjà disponibles.

Cette architecture est largement plus distribuée que celle de SL (qui utilise trois fermes de serveurs, Seattle, San Francisco, et le Texas). Le partenariat avec Badumna permet de faciliter la distribution des objets sur le réseau planétaire.

La différence d’architecture est maintenant claire : l’approche composante de Vastpark permet une plus grande flexibilité et une meilleurs intégration des mondes virtuels dans les systèmes d’information des entreprises.  Cette approche fera une grande différence dans les années à venir pour les usages corporate.

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Les femtocell, encore et toujours…

Le 7 octobre 2008, j’écrivais que les femtocell étaient une révolution technologique qui allaient avoir un impact fondamental pour les opérateurs de télécommunication. Entre autre, j’expliquais que le combinaison de cette technologie avec un modèle économique communautaire, comme celui promus par FON, était une rupture potentielle inimaginable. Très probablement, elle allait déstabiliser les opérateurs de télécommunication, du moins ceux qui refusaient de comprendre que le modèle économique allait devoir changer.

Déjà, l’iPhone a permis de promouvoir les accès data illimités, enfin, tant qu’on reste en France. A l’étranger, le modèle de base d’Orange à 10 euros le mega-octet est proprement injurieux.

A la mi-juin, ce rêve est proche de devenir réalité, grâce à Bewan, qui a lancé sa femtocell, nommé la iBox. Elle est destinée aux ISP, mais à ce jour, aucun ne l’a annoncé. Orange semble s’intéresser au marché des PME, SFR du grand public.

Mais rappelons nous que la technologie ne suffit pas: l’important est le modèle économique qui la sous-tend.

Or, les opérateurs de télécommunication ne sont pas très innovants en ce qui concerne les modèles économiques. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ma vision de modèles économiques en peer to peer, qui sont pour moi ce qui va être le modèle prédominant du futur. Si les opérateurs nous installent des femtocell, mais dans le seul but de mailler le territoire en se servant de leurs clients, alors ils courent à l’échec. Quel sera l’intérêt du particulier d’installer ce routeur qui ne lui servira à rien ?

En revanche, si un opérateur propose des modèles économiques en peer to peer, avec échange de bande passante, alors le particulier y trouvera son intérêt. A proximité d’une femtocell de son opérateur, il pourra alors bénéficier de sa bande passante, qui sera encore plus importante lorsque la fibre optique sera installée (rappelons, s’il en est besoin, que le A de ADSL signifie asymétrie…).

Alors, à quand la quatrième licence ???? Il est grand temps de comprendre que l’économie a besoin, entre autres, de communication à bas coût pour repartir.

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Mondes virtuels au RMIT

Je viens de passer un excellent moment avec Greg More, chercheur au laboratoire d’architecture d’informations spatiales (SIAL) du RMIT, l’immense université technologique de Melbourne (au passage : sur l’article consacré au RMIT du wikipedia Anglais, il y a des traductions en Allemand, Marathi, Japonais, Norvégien, Finlandais, Tamoul, Turc, Vietnamien et Chinois, mais pas Français ??? Pour une université de 50.000 étudiants, je suis surpris...).

Ce laboratoire a pour objectif de faire de la recherche sur la visualisation d’informations en utilisant des paradigmes spatiaux avancés. Et, bien sûr, les mondes virtuels sont largement étudiés (d’ailleurs, le 23 octobre 2009, va s’ouvrir dans Second Life le « Australian Centre of Virtual Art », que j’ai pu visiter en avant-première, un lieu dédié aux artistes numériques qui ont déjà réalisé dans SL). J’ai été impressionné, lors de ma visite, de voir les deux scanners 3D et les trois imprimantes 3D (deux en plâtre et une en résine), ainsi que les réalisations, très inspirées de Gaudi.

Greg, architecte designer de formation, a fondé OOMcreative (il était panelist avec moi lors de ma conférence in-world).

Nous avons beaucoup discuté à propos de Second Life, et des mondes virtuels fermés (cf. son intervention sur ce sujet ici), entre autres sur la comparaison entre Second Life et Vastpark, un monde virtuel open source que je suis particulièrement.

Le point de vue de Greg était très simple, et je l’ai rephrasé ainsi : « Second Life, c’est comme l’époque du html : du code et des objets réutilisables en faisant du copier coller. Vastpake, c’est à la fois du php, du javascript, des mashups, une logique composant distribuée et réutilisable ». Chacun des ses étudiants qui fait un projet sur VastPark le publie sur Amazon S3, permettant ainsi la réutilisation de ses travaux par d’autres étudiants.

Nous ne sommes vraiment qu’à l’aube des mondes virtuels, mais cela va aller très très vite…

note : je viens de publier une version en Anglais de la comparaison entre Second Life et VastPark, ici.

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