Pensée linguistique

Posté par serge le 23 mai 2008 | Classé dans: Réflexion

Vendredi dernier, je déjeunais avec Didier Lambert, qui a soulevé pendant le repas un problème linguistique intéressant : c’est une erreur de traduire “Virtual World” brutalement par “monde virtuel”. Didier propose plutôt d’utiliser l’expression “monde potentiel”.

A y regarder de près, la proposition est intéressante. L’appellation monde virtuel met l’emphase sur le côté virtuel tant décrié par beaucoup, qu’il met alors en opposition avec le réel, obérant toute possibilité de coopération des deux.

J’entends aujourd’hui avec amusement les commentaires fuser sur les mondes virtuels : “on s’y perd”, “c’est ludique”, “c’est dangereux”, “c’est inutile”, bref mot pour mot tout ce qu’on disait du Web en 1996 - 1999 (au détail près que, concernant second life, personne n’ose dire que le minitel l’avait déjà inventé. Tout juste quelques rares se souviennent du deuxième monde). La perle étant l’intervention d’une personne du public, lors d’une présentation sur les possibilité de travail collaboratif qu’offrent les plateformes virtuelles, “finalement, ce n’est qu’une audio-conférence illustrée par des avatars” (sic).

C’est donc bien en tant qu’outil de simulation que ces plateformes sont intéressantes. La simulation qui est, aujourd’hui, l’un des outils nécessaires pour aborder la complexité du monde. Sans simulation, nous n’avons pas le temps, ni la possibilité, de parcourir tous les chemins du graphe, même lorsque le graphe est simple.

Il s’agit bien de comparer les possibilités technologiques des plateformes, en tant qu’outils au service des entreprises. L’existence des mondes plutôt orientés “social” (there.com Hipihi Entropia SL etc..) est une opportunité pour certaines applications. Qui oserait aujourd’hui se plaindre de l’existance d’un lieu où il est possible de rencontrer des partenaires, des citoyens, des clients potentiels? lesquels sont, il faut se l’avouer, effectivement plus intéressants que les clients virtuels.

Un magnifique machinima Japonais

Posté par serge le 23 mai 2008 | Classé dans: Mondes virtuels

Pour ceux qui ne connaissent pas, un machinima est une réalisation de film à partir de séquences captées lors de voyages dans les mondes virtuels.

Un créateur de meuble dans Second Life, Hosoi Ichiba, a décidé de lancer un concours de machinima pour promouvoir et illustrer la culture japonaise, clôture le 15 juin 2008.

Voici l’une des réalisations. Je vous laisse goûter…

L’économie de Second Life

Posté par serge le 22 mai 2008 | Classé dans: Economie, Mondes virtuels

Beaucoup d’encre (virtuelle) a coulé à propos de l’économie de Second life, les deux peurs récurrentes étant : qu’il s’agit d’un modèle pyramidal (modèle qui, rappelons-le, est interdit dans plusieurs pays), qu’une récession est possible. Deux interdits récents de Linden Lab ont été dans ce sens : l’arrêt de toute forme de casino, et l’interdit du prêt bancaire.

Il est donc important aujourd’hui de comprendre ce qu’est cette économie, et quel est son intérêt pour des usages professionnels.

L’économie se divise en deux catégories : les flux entre les internautes et Linden Lab, et les flux entre internautes. La deuxième catégorie peut se diviser encore en deux : les flux qui ont lieu sur la plateforme en Linden dollars, et les flux extérieurs à la plateforme.

1° entre Linden Lab et les internautes.

Les flux concernent principalement les actions suivantes :

- Achat d’une île. Rappelons qu’une île est un processeur, et qu’acheter une île a pour conséquence l’installation d’un serveur dédié chez Linden Lab. Il y a actuellement (mai 2008) 18.000 serveurs chez Linden Lab (nous sommes loin du million de serveurs qui font tourner le moteur de recherche de Google).

  • Téléchargement de fichiers. Télécharger une texture, une photo, un fichier son, est facturé.
  • Achat de services. Par exemple, figurer sur l’annuaire est payant.
  • Achat d’un compte premium. Compte indispensable si l’on souhaite posséder un terrain.
  • A l’inverse, Linden Lab verse un peu d’argent de poche à certains comptes.

2° entre avatars

Inutile de lister : il s’agit de tout ce qui peut s’échanger. Des services, comme construire une maison, louer un terrain, balayer, faire du sexe aussi, bien sûr. Des biens virtuels, comme une chaise, un vêtement. Et surtout, l’achat et la revente de Linden dollars sur le Lindex.

Il faut donc bien insister sur ce point : ce n’est pas à Linden Lab que l’on achète des linden dollars, c’est à un autre Internaute (cf le paragraphe 1.5 des « terms of services » ). Seulement voilà, la balance n’est pas nulle. On sait le montant des transactions qui s’échangent sur le lindex par mois (9 millions de dollars US en mars 2008), mais e n’est pas un jeu à somme nulle : comme il semble que la demande en linden dollar est plus forte que l’offre, le cours devrait être totalement différent. Donc, Linden Lab réinjecte de l’argent tous les mois, en faisant fonctionner la planche à billet. D’où les craintes mentionnées plus haut. Plus précisément, Linden Lab transforme les paiements effectués en Linden dollars de la catégorie 1 en vrais dollars (ce qu’ils appellent sink sur la page de l’économie), et crée donc de la masse monétaire.

D’où la question résiduelle : qu’est-ce qu’un linden dollar ? La réponse est simple, elle figure au paragraphe 1.4 des terms of services : il ne s’agit de rien d’autres qu’un droit d’achat dont le retour en vrai dollar n’est absolument pas garanti.

1.4 Second Life “currency” is a limited license right available for purchase or free distribution at Linden Lab’s discretion, and is not redeemable for monetary value from Linden Lab.

La planche à billet peut donc être intégrée facilement dans le bas de bilan.

A l’inverse, Entropia Univers a pris une autre option : la parité entre le dollar entropia et le dollar réel est fixe, et le retour peut se faire sans problème. Contrairement à Second Life, Entropia a autorisé des banques à exercer dans le jeu, selon un pricipe de licences aux enchères. 5 banques ont été choisies, ce qui a représenté un revenu de 404.000 US dollars pour la société Suédoise.

Linden Lab, Entropia : deux directions fondamentalement différentes…

Philippe Rosedale à Paris

Posté par serge le 25 avr 2008 | Classé dans: Entreprises, Mondes virtuels

Philippe Rosedale, fondateur et chairman of the board de Linden Lab, l’entreprise qui a créé Second Life, nous a fait le plaisir de venir discuter cet après-midi devant quelques personnes sur sa société, sur second life, et les mondes 3D. Merci à Robert Vinet qui a posé des question intéressantes et a lancé un débat de qualité.

Billaut vient de mettre la vidéo sur son blog, mais voici à chaud quelques moments forts.

Sur la société : 250 employés, 6 bureaux (SFO, Boston, Seattle, Mountain View, Davis, et Brighton en Angleterre), profitable depuis peu. Vient de changer de CEO, comme il est d’usages aux États-Unis, le fondateur ingénieur et visionnaire laisse la place à un manageur.

Les revenus viennent de deux sources : les ventes directes, et la planche à billets de Linden dollars. EN terme de partenariat, il est souvent sollicité par des marques, ou des fournisseurs de contenus, mais n’est intéressé que par les partenariats technologiques. Actuellement, IBM est le seul partenaire technologique.

Sur la grid : un réseau de 18.000 serveurs, entre Dallas, San Francisco, et Phoenix. Un pic d’usage à 14h heure du Pacifique: 10Gb/Sec de traffic, 1MWatt consommé. Ils font des tests pour utiliser S3 et EC2, mais qui ne se révèlent pas encore concluants. Philippe veut que la Grid s’ouvre plus en Europe, c’est une des raison de son partenariat avec IBM.

Sur la technologie : le client reste open-source, mais pas le serveur. Linden Lab (Philippe a plusieurs fois dit que c’était une entreprise de logiciel et de services) va bientôt publier une road-map de l’évolution des serveurs, des API, des web services. Côté client, Mono devrait remplacer le langage de script actuel. Mais ce dernier va continuer d’être supporté, car, dixit Philippe “il y a des centaines de millions de scripts qui se promènent dans Second Life”. L’interface s’améliore, avec l’introduction de Dazzle. Le client “crashe” beaucoup parce qu’il repose sur OpenGL, moins stable que DirectX sous windows.

Sur l’évolution du produit, les trois axes prioritaires sont les suivants :

  • soulager le client pour qu’il soit plus facile à installer, avec un ligne de mire une version web
  • améliorer le design de l’interface pour qu’elle soit “belle comme un Ipod!” (sic)
  • Améliorer le moteur de recherche

Interrogé sur le rôle de Linden Lab dans Second Life, Philippe souhaite que la compagnie se défocalise de son rôle de régulateur, et se concentre sur la technologie.

En terme de services, il veut plus de moyens de paiements diversifiés. Le système de billing actuel est un problème.

Sur l’interopérabilité, il renvoit au groupe de travail de l’architecture, tout en disant que l’interopérabilité des objets est quasi impossible. En revanche, ils vont développer une fonctionnalité d’import qui devrait bientôt être disponible.

Et dans 5 ans ??? “Nous serons entre 1000 et 2000 employés, et nous n’aurons pas été rachetés”.

Son dernier mot : “Second Life is the average of Human Dreams”…

Les usages professionels des mondes virtuels

Posté par serge le 08 avr 2008 | Classé dans: Mondes virtuels

De retour de la conférence sur les mondes virtuels de New York, j’ai essayé de définir quels pourraient être les usages professionnels des mondes virtuels. C’est un exercice difficile, car de toutes évidence les usages se détermineront avec la technologie. Néanmoins, je propose la liste suivante. J’essayerai dans des articles futurs, de montrer des exemples concrets de tels usages.

  1. A l’intérieur de l’entreprise
    • Apprentissage métier
    • Travail collaboratif
    • Management à distance
    • Centre de contrôle et de Commande
  2. L’entreprise et son environnement
    • Communication et formation
    • Showroom
    • Co-création, codesign avec des clients
    • V-Commerce

Les outils ne sont pas tous adaptés à toutes les situations. Ainsi, les environnements ouverts, qu’ils soient génériques comme SecondLife, There.com, ou bien attachés à une marque comme barbie girl, sont plus indiqués pour les relations entre l’entreprise et l’extérieur.

En revanche, les usages internes seront mieux utilisés sur des environnements spécifiques, comme Forterra, ou bien qwaq. Le post que j’ai fait sur la gestion des immeubles montre que l’on peut même utiliser deux environnements, suivant que l’on cherche à faire de l’opérationnel, ou bien de la communication.

Ce qui est sur, c’est que d’une part la technologie progresse, surtout avec l’intégration des mondes virtuels et des plateformes middleware, et d’autre part, l’imagination va maintenant être débridée.

Monde virtuel et gestion d’immeuble

Posté par serge le 05 avr 2008 | Classé dans: Conférence, Mondes réels, Mondes virtuels

A la conférence sur les mondes virtuels, j’ai écouté avec passion Oliver Goh, business Developement de Implenia. Implenia est une entreprise Suisse de contruction, et de gestion de bâtiments.

Oliver a monté, avec IBM, une plateforme pour faire du suivi en ligne de bâtiments, qui utilise les univers virtuels comme paradigme pour la gestion des alarmes et des évènements qui remontent des bâtiments, et pour déclencher des opérations de maintenance si nécessaire. IBM a écrit un protocole, le Virtual World Communication Interface, qui permet de connecter d’un côté les protocoles traditionnels de gestion des bâtiments, et d’un autre les univers virtuels. IBM a réalisé l’intégration avec Websphere, utilisé comme middleware, et SAP qui sert à gérer les actions des techniciens de maintenance des bâtiments.

Du côté monde virtuel, deux environnements sont utilisés : Second Life pour l’aspect démonstratif (on peut aller visiter l’île, elle se nomme Eolus), et un environnement spécifique développé sur OpenSim pour la gestion réelle.

La salle de commande Eolus

Plusieurs opérateurs sont répartis dans le monde entier, qui effectuent un suivi 24/24 des bâtiments. L’intérêt des mondes virtuels se situe à deux niveaux : une interface 3D bien meilleure pour effectuer de la surveillance, et surtout à chaque changement d’opérateur, un passage des consignes bien plus efficace qu’un appel téléphonique ou l’usage de tout autre outil collaboratif.

Olivier parle d’une économie de plus de 30% réalisée à l’aide de ce système.

Difficile de penser, après cet exemple, que les mondes virtuels ne sont qu’un gadget.

Changement de cap de Linden Lab

Posté par serge le 03 avr 2008 | Classé dans: Conférence

En direct de la conférence internationale sur les mondes virtuels, j’ai pu avec l’ami Billaut discuter avec Ginsu Yoon, VP Business affairs de Second Life grid, la partie business de Linden Lab. La différence est subtile : Second Life n’est qu’une illustration parmi d’autres de l’usage de la Grid.

Les nouvelles sont très intéressantes, concernant la difficile relation de Second Life avec le monde des entreprises. Voici les points les plus importants :

1) Linden Lab travaille avec IBM sur une version de la Grid qui fonctionne sur un Intranet derrière un pare-feu. Ceci ouvre la voie pour tout ce qui est usage de ce monde virtuel pour le travail collaboratif.

2) Linden Lab va offrir l’accès en marque blanche via des revendeurs, et semblerait en discussion avec des opérateurs de télécommunication.

3) encore plus important : Linden Lab envisage de créer un ensemble de web services côté serveur, afin de faciliter l’interopérabilité de sa plateforme avec un back-office. Rappelons que, pour l’instant principalement le client, qui est en open source, permet l’intégration avec des applications existantes.

Ceci est très prometteur pour l’avenir, et montre bien que Second Life est un environnement de plus en plus intéressant pour les entreprises.

L’inconscient collectif

Posté par serge le 01 avr 2008 | Classé dans: Mondes réels, Mondes virtuels

Je suis en partance pour New York, la grande conférence sur les mondes virtuels.

Je suis toujours fasciné par la beauté qui existe sur Second Life. Les hommes sont tous bien musclés, beaux et intelligents (:-) Quand aux femmes, leurs attraits sont….. Captivants.

J’aime bien l’étymologie du mot avatar : en sanskrit, c’est la descente humaine sur terre d’un Dieu. Vishnu possède 10 avatars.

Mais voilà deux images, l’une d’un avatar de SL, l’autre du temple de Hampi en Inde.

S’il y avait besoin d’une nouvelle preuve de l’inconscient collectif, celle-ci en serait une belle…

Un avatar trouvé sur le webSur le templs de hampi

Le gratuit paye

Posté par serge le 26 fév 2008 | Classé dans: Economie, livre

Parmi les fausses idées qui circulent autour de l’Internet, l’une d’entre elle est très enracinée: le gratuit est un danger pour l’éditeur.

Pourtant, il y eu des expériences, de vente de livre et de téléchargement gratuit associé. Parfois le téléchargement est postérieur, et non complet, comme le livre de Michel Volle, Economie des nouvelles technologies, parfois il le précède, comme le livre de Pascal Baudry, Français et Américains : L’autre rive.

Mais je tombe sur cet article intéressant, sur le blog de Chris Anderson, The long tail. Entre autre ce graphique qui montre l’évolution du ranking d’un livre sur amazon. Lorsque le livre, “Women and Money” de Suze Orman est mis en téléchargement gratuit, il se vend mieux…

Qu’en pensent les majors de la musique ??

Mes liens vers des sites déviants

Posté par serge le 23 fév 2008 | Classé dans: Entreprises, innovation

J’ai l’habitude de travailler avec Christophe Carrier sur la transformation des entreprises.

Christophe, farouche partisan des méthodes d’ethno marketing si bien développées, entre autres, par Olivier Badot, emmène des comités de direction de grands groupes dans des boutiques déjantées.

Et moi, je les emmène sur des sites déviants !!! Un site déviant doit représenter de nouvelles logiques sociétales, et doit soit représenter un signal faible, soit être déjà bien représentatif en terme d’audience, ou d’usage.

Si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part!

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